Emmanuelle RIVA est partie à l'aube de ses 90 ans

Par Thierry Cadet
Le 28 janvier 2017
4 mins

Elle était l'une des plus grandes comédiennes françaises. De théâtre surtout, même si en 1959 "Hiroshima mon amour" la révèle au grand public, et si en 2013 son rôle au sein du film "Amour" de Michael HANEKE lui vaut un César (celui de la "Meilleure actrice") et une nomination aux Oscars. Emmanuelle RIVA nous a quittés vendredi dernier, à l'aube de ses 90 ans. Depuis quatre ans, elle luttait en secret contre un cancer qui a fini par avoir raison d’elle. Selon ses proches, voulait vivre et travailler jusqu’au bout, raison pour laquelle, en plus de la pudeur, elle était restée si discrète au sujet de cette maladie.

Pour "Hiroshima mon amour", chef-d’œuvre scénarisé par Marguerite DURAS, Alain RESNAIS avait tout simplement remarqué l’actrice, montée à Paris depuis ses Vosges natales, sur une affiche de théâtre. On croit comprendre ce qui, dans ce doux visage, l’a arrêté. Une sorte de douleur secrète qui se nomme l’humanité. Le film fait partie, avec "Nuit et brouillard" (1956) et "Muriel ou le temps d’un retour" (1963), de la part la plus brûlante de l’œuvre du cinéaste, qui contribue avec cette trilogie à l’émergence de la modernité dans l’histoire du cinéma mondial.

Pour "Amour", Michael HANEKE, autrichien francophile maniant la caméra comme un rasoir, l’engage ainsi pour jouer le rôle d’Anne, une professeure de musique octogénaire victime de deux accidents vasculaires cérébraux consécutifs, et dont l’inexorable dégradation va inciter son mari (Jean-Louis TRINTIGNANT) à abréger, par amour, ses souffrances.

Née le 27 avril 1927 à Cheniménil (Vosges), elle a grandi à Remiremont au sein d’une famille prolétaire d’origine italienne. Emmanuelle RIVA se prénommait en vérité Paulette et se destinait à devenir couturière. Une passion précoce et contrariée pour le théâtre la détourna de ce destin. C’est sur la scène pourtant, à Paris, qu’elle inaugura sa carrière en 1954, après avoir intégré l’école de la rue Blanche.

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Selon nos collègues des Chanteuses échevelées, il arrivait à Emmanuelle RIVA d'écrire des poèmes, et même parfois, de les chanter, comme ici en 1969 "A tu et à toi".

"Florilège de la poésie amoureuse française : Moyen Âge – Renaissance", sont des poèmes lus gravés sur disque par Emmanuelle RIVA et Pierre VANECK, "Il faudra que je me souvienne…" des poèmes et textes de Micheline MAUREL, dits notamment par Emmanuelle RIVA, "La grande nuit" des poèmes inédits dits par Emmanuelle RIVA sur une musique de Joseph KOSMA, "Tchaïkovski raconté aux enfants" des textes de Michel HOFMAN dits par Emmanuelle RIVA, et "Cher Diego, Quiela t'embrasse" des textes d'Elena PONIATOWSKA, lus également par Emmanuelle RIVA.

Thierry Cadet