Gauvain Sers, le protégé de Renaud, classe son second album n°1 !

Par Thierry Cadet
Le 8 avril 2019
5 mins
Gauvain Sers, le protégé de Renaud, classe son second album n°1 !
Crédit photo : visuel du nouvel album de Gauvain Sers

Pour la seconde fois consécutive, le creusois Gauvain SERS réussit le tour de force de se classer n°1 des meilleures ventes de disques en France (avec 13 900 passages en caisse). La première fois, c’était il y a deux ans (14 600), avec son premier album « Pourvu » (certifié depuis disque de platine avec plus de 100 000 ventes), la seconde cette semaine avec son successeur, « Les oubliés » réalisé par Yarol POUPAUD et par Dominique BLANC-FRANCARD. Le tout sans énormément de battage médiatique, mais grâce à énormément de concerts, durant lesquels le jeune auteur/compositeur de 29 ans, a réussi à drainer un public fidèle. Un conte de fée, en somme, pour celui qui retrace à l’évidence sa propre histoire sur « La langue de Prévert« , parmi ses quatorze nouvelles chansons.

La galette, dont la locomotive est le single « Les oubliés » (sa chanson qui souligne la fermeture de l’école de Ponthoile près du Crotoy, dans la Somme), s’inscrit dans le sillon de la première sortie il y a deux ans, avec plus de singularité; on s’éloigne petit à petit du mimétisme de son parrain, celui qui a fait basculer son destin en l’appelant sur son portable le jour où le jeune homme dégustait une soupe au bouillon de porc mijoté aux lamens. RENAUD est touché par les textes de Gauvain SERS, on connaît la suite. Côté plume, elle s’affine, évoquant tour à tour sa « gonzesse » (« Ton jean bleu« , « Excuse-moi mon amour« ), ses potos (« L’épaule d’un copain« , « Changement de programme« ), la situation des migrants (« Au pays des Lumières« ), le plus vieux métier du monde (« L’étudiante« ), toujours empreint d’une belle et douce mélancolie (« La boîte à chaussures« , « Le tiroir« , « Petite piaule« ). La vie, en vrai. Sublimée par un étonnant duo avec la trop discrète, mais tellement grande Anne SYLVESTREY’a pas de retraite pour les artistes« ). A noter, une collaboration avec l’auteur Michel BUSSI dont le titre « Que restera-t-il de nous ?« , est devenu la bande originale de son dernier livre.

On prend le pari que cette nouvelle pierre à l’édifice de la discographie de Gauvain SERS, la très difficile étape du second album dans la carrière d’un jeune artiste, confirmera le succès du premier, et lui permettra de s’installer pour longtemps.

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

GOVRACHE, l’une des premières parties de Gauvain SERS, l’an dernier sur la majeure partie de ses concerts, vient lui aussi de proposer son nouvel album. « Des murmures » a été dévoilé en simultané avec son concert donné à La Cigale de Paris, le mois dernier. Un disque de slam, déjà parmi les plus grands, grâce à huit textes, qui touchent en plein cœur. « Le bout de la table« , au clip réalisé par Jean-Cédric LAZARE, ne me contredira pas. « Ma femme« , « Après l’hiver » ou « Une soupape » non plus. Une forte identité vocale doublée d’une interprétation personnelle, font de GOVRACHE un artiste unique, dont la dimension émotionnelle se décuple sur scène. GOVRACHE murmure à l’oreille des chevaux des moutons, surtout ce qu’ils ne veulent pas entendre.

Quant à la forme, si elle s’était déjà émancipée sur le disque précédent (violon, violoncelle, contrebasse et batterie) portée notamment par ses musiciens Adrien DAOUD et Antoine DELPRAT, elle est magnifiée par les arrangements d’un nouveau venu dans l’équipe, Guillaume SENÉ, aux machines (sans oublier Manu DOMERGUE au cor). Aller applaudir GOVRACHE sur scène, c’est prendre une claque. Il vous tirera bien plus qu’une larme. Ça tue.

Par Thierry Cadet