Michel Sardou : l'hommage à Michel Audiard

Par Gilles Farina-Vallé
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Le 29 mai 2022 à 06:00
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3 mins
Michel Sardou : l'hommage à Michel Audiard

En cette période de forte actualité cinématographique, il est toujours bon de revenir aux classiques ! Et un classique de la chanson française rend hommage au plus grand dialoguiste de notre cinéma : Le cinéma d’Audiard.

Nous sommes en 1992, Michel Sardou sort chez Tréma Le Bac G. La chanson éponyme est un grand succès malgré les critiques. Mais l’album comporte un titre hommage à sa passion de toujours : le cinéma. Cependant, le chanteur ne parle pas de n’importe quel cinéma ! Celui de Michel Audiard.

En effet, écrite par Michel Sardou et Didier Barbelivien sur une musique de Jean-Pierre Bourtayre, la chanson brosse le portrait de l’homme au vélo, à la casquette et aux répliques cultes.

Un hommage au talent du dialoguiste

Les références à l’oeuvre du dialoguiste sont nombreuses. Sardou et Barbelivien s’associent pour faire susciter les images de ses films mythiques :

Il y a des hommes qui portent la c’rise,
Il y a des hommes qui correctionnent
Et les bénéfices se divisent
Et les réclusions s’additionnent.
En plein désert ou à Passy,
Des mots d’auteur, des mots qui fâchent,
Comme deux intellectuels assis
Iront moins loin qu’un con qui marche.

Vous l’aurez deviné, on parle bien évidement des Tontons Flingueurs, Cent mille dollars au soleil ou des Barbouzes. Bien évidement, lorsqu’on chante impossible de ne pas faire référence “aux cons” ! Ainsi, à l’écoute de ces paroles, on se projette directement dans cet argot magnifiquement mis en dialogue par Michel Audiard.

Après le refrain, Michel Sardou nous offre le portrait d’Audiard en glissant une petite référence au Pacha de George Lautner :

C’est un Français sur son vélo,
Un petit homme sous sa casquette,
Le Tourmalet, le vieux bordeaux,
Et pour écrire une cigarette.
Un drapeau noir sur nos faillites
Et des répliques pour déglinguer
Tous ceux qu’il a mis sur orbite
Et qui n’ont pas fini d’tourner.

Enfin, le plus bel hommage que pouvait rendre Sardou et Barbelivien à Michel Audiard se trouve dans le dernier couplet. Les deux auteurs parlent d’un cinéma révolu où le public se déplaçait nombreux pour voir les films. Un cinéma que tout le monde regardait en famille le samedi soir. De fait, un cinéma que tout le monde aimait voir.

C’est un ciné qui faisait du monde,
Le cinéma du samedi soir,
Des mots d’auteur, des mots qui grondent,
Des mots qu’on aimait aller voir.

Ainsi, Michel Sardou sort en 1992 un bel hommage à un homme bien trop souvent oublié par la profession…

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