Quand un instrumental français s'imposait au sommet des charts américains

Par Alexandre Demartin
Le 18 juin 2020
3 mins

Nombreux sont les artistes français où francophones ayant réussi à imposer un ou plusieurs titres dans les classements américains, mais très peu peuvent se targuer de les avoir hissé à la première place.

Si la période des DJs fut propice à l’invasion de la « French Touch » au pays de l’Oncle Sam, que ce soit avec DAFT PUNK ou en 2009 avec la collaboration de David GUETTA avec les BLACK EYED PEAS, un autre artiste a su, à la fin des années 60, réussir cette prouesse.

C’est le chef d’orchestre Paul MAURIAT qui se voit confier en 1968 « L’Amour est bleu » par son producteur André Popp. Ce titre qui fut propulsé sans grand succès par Vicky LEANDROS à l’Eurovision 1967 conservait aux yeux de son producteur un réel potentiel.

Grâce à sa production moderne (un clavecin annonce le thème dès l’intro, les cuivres sont passés dans une boucle de bande magnétique pour créer un effet de réverbération), l’enregistrement fait naître des espoirs d’export aux USA. Paul MAURIAT qui fut l’auteur d’arrangements pour Charles AZNAVOUR, DALIDA ou encore Léo FERRÉ a comme on dit « du métier ».

Rebaptisé « Love Is BlueL’Amour est bleu », le titre parvient jusqu’aux oreilles d’Alan Mitchell, disc-jockey d’une station de radio de Minneapolis et grand amateur de l’œuvre du chef d’orchestre français. A peine le titre diffusé, son standard est assailli par les appels d’auditeurs sous le charme.

Un 45 tours de Love Is Blue est alors pressé et envoyé à toutes les radios du pays. C’est un succès massif y compris dans les boîtes du pays. Si, début janvier 1968, Love Is Blue entre aux hit-parades américains à la 99ème place, la chanson grimpe rapidement, jusqu’à se retrouver en tête…et conserver ce leadership durant sept semaines ! Seuls les BEATLES et leur imparable Hey Jude feront mieux cette année-là outre-Atlantique.

C’est dire si ce titre oublié de beaucoup aura marqué l’Histoire de la Chanson Française, au point que le collectif français Bon Entendeur (déjà auteur d’un succès en remixant « Le temps est bon » d’ Isabelle Pierre) en a lui aussi proposé sa version qui fait désormais danser les jeunes du monde entier plus de 50 ans après. Comme quoi le vintage n’a jamais été aussi tendance !

Alexandre DEMARTIN