Jonathan DASSIN prend le chemin de papa

Jonathan DASSIN prend le chemin de papa
Un timbre vocal instantanément identifiable, voilà déjà le premier bon point de cet album. Jonathan DASSIN nous le promettait depuis des années, son disque éponyme est à présent disponible en bacs. 

Pour le reste, le fils ainé de son illustre papa, dévoile un univers en demi-teinte. Dans la forme, les chansons teintées de world music (grâce à ses cinq années passées au sein du groupe Nassara), duent notamment au talent du compositeur Yovo MBOUEKE (qui a déjà collaboré avec Alain BASHUNG, Stephan EICHER, TONTON DAVID ou NEG' MARRONS), nous paraissent les plus intéressantes musicalement ("Le désert" et son hang magique, ou "Pays lointain", en tête). Question efficacité, "Un autre matin" et "Ma gueule" (qui ferait un excellent second single), sont tubesques à souhait ; nous faisant presque regretter une "Voisine", exploité en qualité de premier extrait, déjà traitée par un Renan LUCE bien plus inspiré. A cela s'ajoute le refrain accrocheur de "Sans raison".  

Le bas blesse ensuite concernant sa collaboration avec l'auteur Jean-François LEBRUN, daté dans les mots ou les figures de style j'en suis complètement zinzin, prendre mes cliques et mes claques, aller rendre mon bail et bye bye bye… On lui préfère aisément la plume de Jonathan, mise à contribution sur une demi-douzaine de titres. 

Quoiqu'il en soit cet opus a de nombreuses autres qualités, déjà celle d'assumer pleinement son côté chanson variété, n'omettant pas quelques prises de risques dans les arrangements et la réalisation (Yovo M’BOUEKE et Jonathan DASSIN aux commandes), afin de se différencier de ses confrères du genre, le tout mené par des musiciens inspirés (dont Fabrice COLOMBANI, percussionniste de BAZBAZ) et mixé par le grand Mitch OLIVIER (Alain BASHUNG, RENAUD, RITA MITSOUKO, Francis LALANNE, Françoise HARDY, Olivia RUIZ…).

Dans le fond, les thèmes – au delà de l'amour, la rupture, les voyages et même quelques évocations sexy, tournent autour du dedans de Jonathan ; ce dernier dévoilant pudiquement ses blessures ("Quand je serai grand") on a tous un baiser resté en suspens, une caresse oubliée portée par le vent (rappelons que le jeune homme n'a connu son papa que deux années), mais aussi ses démons ("Idées noires") je ne suis un bon garçon ça se voit, ne me suis pas, je vais te faire mal, dont il signe paroles et musique. 

Un véritable disque de famille, au sens figuré comme au sens propre, Jonathan co-signant un texte  ("Pourquoi faire semblant") avec sa tante Richelle DASSIN, la sœur de Joe.

 

Thierry Cadet

Abonnez-vous dès maintenant !

Simple et rapide.