Charles AZNAVOUR évoque le tri des migrants, pas des réfugiés, mais...

Par Thierry Cadet
Le 8 janvier 2018
4 mins

Dans l’émission de Laurent DELAHOUSSE « 20h30 le dimanche« , diffusée hier soir sur France 2, les propos de Charles AZNAVOUR ont choqué une partie des français. Interrogé sur les migrants aux portes de notre pays, le chanteur âgé de 93 ans, a fait la proposition suivante : « On pourrait faire un tri« . Si le mot paraît évidemment barbare à l’heure où des milliers de migrants s’exilent en Europe pour sauver leurs vies, Charles AZNAVOUR évoquait les migrants, notamment les migrants économiques, pas les réfugiés. Deux mots qu’il convient de distinguer car tous les migrants ne sont pas des réfugiés.

<iframe src= »//www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01590560/src/v80zmp/zone/1/showtitle/1/ » frameborder= »0″ scrolling= »no » marginwidth= »0″ marginheight= »0″ hspace= »0″ vspace= »0″ webkitallowfullscreen= »true » mozallowfullscreen= »true » allowfullscreen= »true » width= »560″ height= »315″></iframe>

Alors, migrants ou réfugiés ? Le débat sémantique a toujours lieu en Europe pour savoir comment qualifier ces milliers de personnes qui arrivent quotidiennement sur les côtes méditerranéennes. Selon le journaliste Alexandre POUCHART du « Monde » : « Le premier terme est fustigé pour ne pas refléter la détresse de ceux qui, le plus souvent, fuient un conflit« .

Le dictionnaire Larousse lui, définit un migrant comme toute personne qui effectue une migration, c’est-à-dire qui se déplace volontairement dans un autre pays ou une autre région pour des raisons économiques, politiques ou culturelles.

Dans les faits, les milliers de personnes ayant traversé la mer Méditerranée sont donc bien des migrants, car ils se sont déplacés d’un pays à un autre, voire d’un continent à un autre. Parmi eux, certaines distinctions : se trouvaient des personnes considérées comme réfugiés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (comme les syriens). Quant aux autres, de nationalités diverses, ils sont dits migrants économiques car  ils font le choix du déplacement pour de meilleures perspectives pour eux et pour leurs familles. Les réfugiés, eux, sont dans l’obligation de se déplacer s’ils veulent sauver leur vie ou préserver leur liberté, comme les réfugiés de guerre, notamment.

A sa décharge, Charles AZNAVOUR répond à la question de Laurent DELAHOUSSE sur le sort des migrants, pas des réfugiés. « D’abord, il faut savoir à qui on a affaire. Il y a peut-être des génies parmi ces gens, et en tout cas il y a des gens utiles, c’est vrai. Et c’est vrai aussi qu’on ne peut pas avoir tout le monde chez soi, ce ne serait pas facile et ce ne serait pas normal. Mais on pourrait faire un tri intéressant. On pourrait avoir des gens très intéressants qui passent« . Une déclaration maladroite, certes, qu’il aurait été judicieux d’éclaircir, bon nombre de français confondant en effet migrants et réfugiés.

Et de conclure avec une référence à une autre immigrée célèbre, Marie CURIE, née polonaise : « Si aujourd’hui Marie CURIE passait, on lui dirait ‘Au revoir madame’« .

Par ailleurs, Charles AZNAVOUR, qui donnait un concert à Paris sur la scène de l’AccorHotel Arena, le 13 décembre dernier, annonce une nouvelle tournée en France, du 20 janvier au 6 février prochain.

Par Thierry Cadet