Lynda Lemay : La Mangue une chanson sur les inégalités ?

Par Gilles Farina-Vallé
Le 9 février 2023
5 mins
Lynda Lemay : La Mangue une chanson sur les inégalités ?
Lynda Lemay

Sa voix est aussi douce que ses mélodies. Ses textes ? D’une justesse rare. À l’image d’un orfèvre, Lynda Lemay fait des mots simples de véritables bijoux. Ses textes nous touchent par notre proximité avec des paroles. En effet, de La Centenaire à Une mère en passant par le plus fort c’est mon père, Lynda Lemay chante la vie de tous les jours. Ainsi, une chanson de son nouvel album , Il n’y a qu’un pas, s’y inscrit parfaitement : La Mangue. Melody TV a analysé ce nouveau titre !

Une opposition entre deux mondes

Sous des arpèges aux accents d’outre Atlantique, Lynda Lemay nous offre sa vision d’une société à deux vitesses. Premièrement, il y a ceux qui n’ont pas la notion de la misère. En effet, tout au long de la chanson, la chanteuse brosse le portrait de ceux qui gaspillent la nourriture sans en avoir conscience. Une mangue un peu passée ? Poubelle. On laisse des morceaux sur le poulet ? Poubelle. Le frigo est plein ? C’est pas grave, on continue à le remplir et on achète des sushis.

Outre l’alimentation, c’est tout un mode de vie inaccessible pour beaucoup de personnes qui est remis en cause. Les voyages, les cadeaux démesurés aux enfants ou encore les trajets en avion..; C’est bel et bien contre les inégalités que Lynda Lemay a écrit cette chanson.

De mal désosser l’poulet
De j’ter l’trois-quarts d’l’animal
Sans grimacer aux déchets

De l’autre côté, la chanteuse nous chante la vie d’une mère de famille se battant pour offrir le meilleur à sa famille. Entre les plats premiers prix et les économies, la femme qu’incarne Lynda Lemay offre des moments simples à ses enfants. Sans avoir de gros moyens, elle part tout de même en vacances avec sa famille en faisant attention à son budget. Face à l’ultra consommation de ceux qui ont les moyens, les plus modestes essaient de s’en sortir en faisant des choix. Pour faire le plein de la voiture, il est nécessaire de se priver des choses que l’on aime :

Pour faire le plein d’ma bagnole
Faut que j’coupe sur les biscuits
Même la crème glacée molle
C’est rendu qu’c’est hors de prix

Pourtant, malgré les difficultés, la chanteuse brosse le portrait d’une femme forte, gardant la tête haute pour s’en sortir et aider sa famille. Le dernier couplet montre bien l’importance des choses simples. Les enfants sont contents de ce que prépare leur maman. Autrement dit, le luxe s’inscrit aussi dans le bonheur de ses deux filles et son petit garçon.

J’fais leur lunch, toujours pareil:
« Une p’tite sandwich » au jambon mais
Savez-vous c’est quoi ma paye? C’est
Quand y’ m’disent que c’était bon

Une chanson politique ?

En écoutant la nouvelle chanson de Lynda Lemay, on pourrait se dire que la chanteuse québécoise a écrit un texte engagé. Cependant, on se rend compte que Lynda Lemay nous raconte la vie de millions de personnes. Ces familles trop peu représentées de nos jours dans le paysage de la chanson. En effet, ici, on ne prône pas le luxe ou la quête de la fortune mais bel et bien la difficulté de la vie. Dans une simplicité qui nous touche, la chanteuse nous émeut une fois de plus.

Le nouvel album de Lynda Lemay, entre la flamme et la suie, est disponible dès demain !

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