Year of the Cat d’Al Stewart une chanson qui ressemble à un souvenir… sans qu’on sache pourquoi !

Par Gilles Farina-Vallé
Le 28 avril 2026
5 mins
Year of the Cat d’Al Stewart une chanson qui ressemble à un souvenir… sans qu’on sache pourquoi !
Year of the Cat – Cette chanson qui ressemble à un souvenir… sans qu’on sache pourquoi d’Al Stewart

Il y a des chansons qui nous emmènent ailleurs sans prévenir. Avec « Year of the Cat », Al Stewart signe en 1976 une parenthèse hors du temps, entre rêve et réalité. Un titre culte que Melody Radio vous propose de redécouvrir et d’analyser.

Une rencontre comme un film

Sortie en juillet 1976 et enregistrée aux mythiques Abbey Road Studios sous la direction du producteur Alan Parsons, « Year of the Cat » va devenir le plus grand succès de la carrière d’Al Stewart. Un titre à part, long, aérien, qui tranche avec les formats radio classiques… et qui pourtant s’impose dans les classements du monde entier.

Dès les premières secondes, quelque chose se passe. Un piano lointain, presque cinématographique, et puis cette entrée en matière devenue culte, inspirée du film Casablanca. On n’est plus tout à fait dans une chanson : on est dans une scène.

Le narrateur devient spectateur de sa propre histoire. Touriste dans un pays lointain, il croise une femme mystérieuse, « vêtue de soie », qui l’entraîne dans une aventure imprévisible. Rien n’est vraiment expliqué, tout est suggéré. Et c’est là que réside la force du titre : cette impression de flottement permanent.

On avance comme dans un rêve éveillé. Le temps se suspend. Le réel s’efface doucement.

Et puis, au détour d’un couplet, tout bascule presque sans bruit. Le narrateur se rend compte que le bus de touristes avec lequel il voyageait… est parti sans lui. Il était censé repartir, continuer son circuit, revenir à sa vie d’avant. Mais il ne court pas après. Il ne panique pas. Il regarde simplement cette femme, cette ville, ce moment suspendu… et il choisit de rester.

Ce « bus » n’est pas qu’un détail pratique. Il symbolise la routine, le trajet prévu, la vie bien tracée. En le laissant partir, il abandonne aussi ce qui était programmé pour lui. Il sort du cadre. Alors il reste. Sans drame, sans regret. Juste porté par l’instant.

Une fresque musicale hors norme

« Year of the Cat », c’est aussi une construction musicale rare. Près de sept minutes dans sa version album, avec de longues plages instrumentales qui prennent le temps de respirer. Et quel souffle…

Violoncelle, guitare, piano, synthétiseur… et surtout ce saxophone signé Phil Kenzie, arrivé presque par hasard, enregistré en une ou deux prises. Un solo devenu mythique, qui donne au morceau cette couleur jazz inattendue.

À l’origine pourtant, la chanson avait une base folk. Mais grâce à Alan Parsons, elle devient une véritable fresque sonore, riche, évolutive, presque cinématographique là encore. Ce qui frappe dans ce morceau, c’est cette capacité à laisser vivre la musique. À ne pas se presser. À installer une ambiance, puis une autre. Comme si chaque instrument racontait une partie de l’histoire !

L’année du Chat, entre destin et poésie

Le titre lui-même intrigue. « Year of the Cat » fait référence à l’astrologie vietnamienne, où le Chat remplace le Lapin du zodiaque chinois. Une année placée sous le signe du calme, de la douceur… et peut-être du lâcher-prise. D’ailleurs, il s’agit d’une idée née presque par hasard : un livre d’astrologie laissé ouvert, quelques mots, une sonorité. Et cette obsession d’Al Stewart pour les titres contenant « of », inspirée de Bob Dylan.

Mais au fond, peu importe l’explication. Ce titre reste comme la chanson elle-même : insaisissable. Car « Year of the Cat » ne cherche pas à tout dire. Elle suggère, elle effleure, elle laisse de l’espace. Et c’est précisément pour ça qu’elle nous reste.

Parce qu’on a tous, un jour, eu envie de rater un bus. De rester un peu plus longtemps. De suivre quelqu’un, ou quelque chose, sans trop savoir pourquoi. Et peut-être que cette chanson, au fond, nous murmure simplement ça : parfois, il faut accepter de se perdre… pour vivre vraiment.

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