Jean-Baptiste Guégan : “Ma vie a largement dépassé mes rêves”
De la Bretagne aux Zéniths, Jean-Baptiste Guégan se confie au micro de Gilles Farina-Vallé sur Melody Radio. Entre l’héritage de Johnny Hallyday, son propre parcours et une vie qui a basculé, il raconte avec simplicité un destin forgé dans l’ombre avant la lumière. Une rencontre sincère et humaine à retrouver sur Melody radio.
Gilles Farina-Vallé : Bonjour Jean-Bapiste, quand on vous entend chanter, beaucoup disent : « On ferme les yeux… et Johnny est là. » Mais derrière cette voix, il y a une histoire humaine. Est-ce que votre vie a dépassé les rêves que vous faisiez enfant ?
Jean-Baptiste Guégan : Oui, ça a bien dépassé même. Oui, bien sûr. Des fois, je me réveille comme ça et je me dis : “Waouh, quand même…” J’ai cette chance de faire ce beau parcours-là en ce moment. Ce n’est pas quelque chose que j’avais forcément imaginé comme ça au départ. Et en même temps, ça me fait garder les pieds sur terre, parce que je sais d’où je viens. Alors oui, je profite, mais je me dis aussi : pourvu que ça dure.
Gilles Farina-Vallé : Votre album s’appelle De l’ombre à la lumière. Finalement, ce titre raconte votre propre histoire ?
Jean-Baptiste Guégan : Oui, c’est vrai. Ça aurait pu faire un pétard mouillé aussi. Enfin, je veux dire, c’était vraiment quitte ou double : ça passe ou ça casse. Quand j’ai participé à La France a un incroyable talent, Johnny était déjà décédé depuis un an. Ce n’était pas évident de convaincre les gens que je n’étais pas là pour le remplacer. Parce que Johnny, personne ne peut le remplacer. Et moi, j’arrive là avec mes cordes vocales, avec ce que je suis, et je montre ce que je sais faire. Et ça a marché. Donc oui, c’est une vraie chance.
Gilles Farina-Vallé : Johnny est encore très présent pour vous aujourd’hui ?
Jean-Baptiste Guégan : Oui, il est toujours là. Moi, il est sur scène, il est tout le temps là. Il fait partie de ma vie entière, complètement. Et avant de monter sur scène, il est là, je sais qu’il me regarde. C’est quelque chose que je ressens vraiment. Il m’accompagne.
Gilles Farina-Vallé : Quand on réalise un rêve d’enfant, est-ce qu’on a le sentiment d’être arrivé au bout ou reste-t-il encore des rêves à accomplir ?
Jean-Baptiste Guégan : Moi, je pense que oui, il en reste encore. La mission n’est pas terminée. J’ai encore beaucoup de choses à faire. Et tant qu’il me reste l’envie, je continuerai. C’est ça le plus important.

Gilles Farina-Vallé : Aujourd’hui, sur scène, qu’est-ce qui vous anime le plus ?
Jean-Baptiste Guégan : Moi, ce que je veux, c’est que les gens aient la banane. Qu’ils oublient pendant deux heures les malheurs du quotidien. C’est ça ma mission. Le reste, moi, je suis content quand ils sont heureux.
Gilles Farina-Vallé : Vos racines, la Bretagne, cette enfance simple… est-ce que ça vous a construit ?
Jean-Baptiste Guégan : Oui, j’ai toujours été un homme de la nature. La Bretagne, c’est magnifique pour ça. Depuis tout gamin, je sortais, j’allais à la pêche à pied, je ramassais des bigorneaux… j’adorais ça. J’ai été éduqué comme ça. Et je n’oublie pas d’où je viens. C’est important.
Gilles Farina-Vallé : Il y a une date fondatrice dans votre vie : 1992, votre premier concert de Johnny à Bercy…
Jean-Baptiste Guégan : Oui. Mon père m’emmène, sans me dire où on va. Et quand je rentre dans la salle, je découvre Johnny. Là, j’ai fait : “Waouh !” J’en ai pris plein la tronche. On a 9 ans, et on se dit : comment un mec comme ça peut faire vibrer autant de monde ? Et là, je me suis dit : je veux faire ça un jour. Ça a été l’élément déclencheur.
Gilles Farina-Vallé : Et des années plus tard, vous vous retrouvez vous-même sur cette scène…
Jean-Baptiste Guégan : C’est bizarre, c’est une sensation qu’on ne peut pas expliquer. Ça m’a donné une énergie vraiment positive. J’ai tout donné. Et puis le fait de le faire 30 ans après, je me suis dit que les planètes étaient alignées. Je trouve ça magnifique.
Gilles Farina-Vallé : Le passage à la télévision a été une bascule. Comment vous l’avez vécu ?
Jean-Baptiste Guégan : J’avais dix fois plus le trac que sur scène. Là, on est devant des millions de Français, on ne rigole plus. Il n’y a pas intérêt de louper son passage. Mais je n’ai pas pris ça comme une compétition. J’ai pris ça comme si je montais sur scène pour faire un spectacle. Je me suis mis dans ma bulle.
Gilles Farina-Vallé : Il y a ensuite la rencontre avec Michel Mallory…
Jean-Baptiste Guégan : Oui. Michel ne voulait plus écrire après la mort de Johnny. Il était très marqué. Et puis il a vu en moi que je n’étais pas un usurpateur, que j’étais un artiste. Et il m’a écrit cet album. On est partis enregistrer à Nashville, ce que Johnny voulait faire. C’était très fort.
Gilles Farina-Vallé : Votre album est très personnel. La musique vous permet de vous livrer ?
Jean-Baptiste Guégan : Oui, je pense. Déjà, vocalement, je me suis un peu surpassé sur certaines chansons. Et puis j’aime raconter mon histoire. Derrière tout artiste, il y a quelque chose, des failles. Moi, je raconte ça, et les gens peuvent s’y retrouver.
Gilles Farina-Vallé : Vous parlez aussi de votre famille avec beaucoup de pudeur…
Jean-Baptiste Guégan : Oui, parce que c’est compliqué. Avec ce métier, on ne voit pas beaucoup ses enfants. On est souvent loin. Donc c’est une façon de leur dire que je les aime. C’est plus facile parfois en chanson.
Gilles Farina-Vallé : Aujourd’hui, vous avez trouvé votre place ?
Jean-Baptiste Guégan : Oui. Je suis resté le même. Je n’oublie pas d’où je viens. Et tant que j’ai l’envie et que je peux monter sur scène, je continuerai.
Une parole rare, sincère, sans détour, où Jean-Baptiste Guégan revient sur son parcours, ses émotions et ce lien unique qui l’unit au public.
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