Jérôme Anthony : « J’ai voulu rester un enfant dans ce métier »

Par Gilles Farina-Vallé
Le 3 juin 2026
8 mins
Jérôme Anthony : « J’ai voulu rester un enfant dans ce métier »

Jérôme Anthony revient avec À cœur ouvert, un album très personnel qu’il a écrit et composé lui-même. Au micro de Melody Radio, l’animateur, chanteur et comédien se confie sur son amour de la chanson française, ses souvenirs de variété, son rapport au public et cette envie intacte de divertir. Entre Balavoine, Bécaud, les Carpentier et le théâtre de boulevard, il raconte un parcours guidé par une fidélité simple : rester proche des gens.

Un album plus intime, entre pudeur et sentiments

On connaît Jérôme Anthony pour son sourire, son énergie, ses émissions populaires et cette manière très naturelle de créer du lien avec le public. Mais avec À cœur ouvert, l’artiste dévoile une part plus intime de son univers.

Après avoir repris des classiques de la chanson française, notamment avec Yann Muller, Jérôme Anthony signe cette fois un album entièrement écrit et composé par lui. Une étape importante pour celui qui avoue avoir longtemps hésité avant d’oser se livrer davantage. Dans cet album, il parle d’amour, de souvenirs, de ruptures, d’élans et de fragilités. Des thèmes très personnels, mais dans lesquels chacun peut se reconnaître. Jérôme Anthony ne cherche pas à fabriquer un personnage : il raconte ce qu’il ressent, avec cette pudeur qui le caractérise.

« Dans une chanson, on arrive à faire passer des choses qu’on a du mal à dire », confie-t-il au micro de Gilles Farina-Vallé.

Avec des couleurs musicales qui regardent volontiers vers les années 80, À cœur ouvert ressemble à l’album qu’il aurait peut-être rêvé de faire plus jeune. Un disque sentimental, populaire, assumé, où l’animateur laisse davantage de place au chanteur.

Balavoine, Bécaud : des rencontres qui marquent une vie

L’histoire musicale de Jérôme Anthony ne commence pas avec cet album. Elle plonge dans ses années d’adolescence, à Nancy, lorsqu’il découvre très tôt la radio, la scène et le chant.

Parmi les souvenirs les plus marquants de son parcours, il y a cette rencontre presque irréelle avec Daniel Balavoine. Alors qu’il n’a que seize ans, le jeune Jérôme est repéré pour sa voix. Balavoine l’écoute, l’encourage, et lui ouvre les portes d’un apprentissage précieux autour de la chanson et de la composition.

Plus tard, c’est Gilbert Bécaud qui croise sa route. Lors d’un concours dans Sacrée Soirée, le jeune artiste se retrouve parrainé par Monsieur 100 000 volts. Bécaud ira même jusqu’à lui écrire une chanson avec Pierre Delanoë. Une cassette précieuse que Jérôme Anthony gardera longtemps avant de l’enregistrer des années plus tard.

Ces souvenirs disent beaucoup de son attachement à la grande chanson française. Chez lui, les noms de Balavoine, Bécaud, Aznavour, Delpech, Dassin ou Claude François ne sont pas seulement des références : ce sont des compagnons de route.

La variété comme culture commune

Jérôme Anthony a grandi avec les grandes émissions de variété. Les samedis soirs devant la télévision, les décors des Carpentier, les artistes réunis autour d’un même spectacle, les chansons que toute la famille connaissait.

Cette époque, il ne la regarde pas simplement avec nostalgie. Il y voit une forme de culture commune. Un moment où la chanson se partageait, où parents et enfants pouvaient écouter les mêmes refrains, où la télévision réunissait encore autour d’un rendez-vous populaire. Dans l’entretien, il rappelle combien ces chansons se sont inscrites dans la mémoire collective. Elles appartiennent à la radio, à la télévision, aux souvenirs de famille, aux trajets en voiture, aux dimanches matin, aux disques que l’on passait et repassait.

C’est aussi pour cela que Jérôme Anthony continue de défendre ce répertoire sur scène. Avec ses concerts Moi, Cloclo, Delpech, Dassin et les autres, il prolonge cette histoire en reprenant les grands titres qui l’ont construit, tout en y glissant ses propres chansons. Comme une manière de dire que la variété n’est pas un passé figé, mais une émotion qui continue de circuler.

Le théâtre, nouveau terrain de jeu

Depuis plusieurs années, Jérôme Anthony s’épanouit aussi au théâtre. Avec Coup de bluff au cabaret, actuellement en tournée, il retrouve une autre forme de contact direct avec le public.

La pièce, portée notamment avec Franck Lebœuf, s’inscrit dans l’esprit du théâtre de boulevard : rythme, quiproquos, énergie, plaisir du jeu. Un univers qui parle forcément à Jérôme Anthony, lui qui a grandi avec Au Théâtre ce soir, Michel Roux, Jean Lefebvre ou encore Jean Poiret.

Le théâtre lui a aussi permis de se libérer. Après des années de télévision, où l’animateur apprend à tenir une posture, à rester en place, à maîtriser son image, la scène lui offre un espace plus souple, plus vivant, plus instinctif. On sent chez lui une vraie joie à jouer, à tourner, à entendre les rires, à sentir la salle répondre. Une joie presque enfantine, au meilleur sens du terme.

« J’ai voulu rester un enfant dans ce métier »

Au fond, c’est peut-être cette phrase qui résume le mieux Jérôme Anthony : « J’ai voulu rester un enfant dans ce métier ».

Un enfant, non pas au sens naïf, mais au sens de l’émerveillement. Celui qui regarde encore les grands artistes avec admiration. Celui qui aime préparer des spectacles, rencontrer le public, chanter les chansons qu’il aime, jouer la comédie, animer, transmettre. Jérôme Anthony n’a jamais vraiment voulu choisir entre ses différentes passions. Il est animateur, chanteur, comédien, auteur, homme de scène. Mais derrière toutes ces casquettes, il y a une même envie : divertir, rassembler, créer un moment chaleureux.

Avec À cœur ouvert, il ajoute une nouvelle page à cette histoire. Plus personnelle, plus sensible, mais toujours fidèle à ce qui l’anime depuis ses débuts : la chanson populaire, la scène et le public.

À cœur ouvert, le nouvel album de Jérôme Anthony, est disponible. Il est également en tournée avec Coup de bluff au cabaret et prépare ses concerts autour des grandes chansons de Claude François, Michel Delpech, Joe Dassin et bien d’autres. Un entretien à retrouver sur Melody Radio.