Gilbert Bécaud : Sa chanson en hommage à l'Olympia

Par Gilles Farina-Vallé
Le 8 février 2023
5 mins
Gilbert Bécaud : Sa chanson en hommage à l'Olympia
@MPP

Gilbert Bécaud était certainement l’un de nos plus grands artistes. Ses chansons, bien souvent oubliées de nos jours, restent des chefs-d’œuvres intemporels. Son répertoire regorge de sujets tendres, forts et touchants. De Mes mains à Faut faire avec, Gilbert Bécaud a chanté jusqu’au bout avec un amour indéfectible pour son public. Ainsi, quand on pense à lui, trois choses nous viennent à l’esprit : La cravate à pois, Monsieur 100 000 volts et…L’Olympia.

Une salle à laquelle il rend hommage dans une jolie chanson : Il est à moi (L’Olympia).

Son Olympia

L’histoire d’amour entre Gilbert Bécaud et l’Olympia débute au début de sa carrière de chanteur. Nous sommes en 1953 quand sortent ses deux premiers succès : Mes mains de Pierre Delanoë et Les Croix de Louis Amade, le préfet poète. Le 5 février 1954, l’Olympia réouvre ses portes après 25 ans sans spectacle de music-hall. Bruno Coquatrix, le nouveau directeur de la mythique salle pense à Gilbert Bécaud comme vedette américaine de Lucienne Delyle et son de compagnon Aimé Barelli. C’est sa première prestation sur la mythique scène.

Pourtant, son véritable premier passage sera en 1955, comme vedette cette fois-ci. L’histoire retiendra que la séance de la matinée a attiré quatre mille jeunes fanatiques de Bécaud. Dans la salle pouvant accueillir seulement 2 000 personnes, c’est la cohue. En effet, les sièges sont cassés et Gilbert Bécaud devient Monsieur 100 000 volts.

Depuis ce jour, le chanteur jurera fidélité à cette salle qui lui a ouvert les portes de la gloire. L’Olympia deviendra sa salle, celle où il détient du haut de ses 31 fois, le record de passages.

L’hommage à l’Olympia

En 1993, Gilbert Bécaud sort un nouvel album enregistré aux États-Unis Une vie comme un roman. À l’intérieur, se trouve une chanson en hommage à son Olympia écrite par Pierre Delanoë sur une musique qu’il a composée.

Il est à moi (L’Olympia), raconte l’histoire d’un homme se préparant à entrer sur scène. Le trac pousse progressivement l’artiste à devenir star. Pierre Delanoë relate l’état d’esprit de Bécaud avant d’entrer dans l’arène. La dernière cigarette (avant la prochaine entre les chansons), le coup de rhum (pour la rime car il était amateur de Whisky) et Gilbert devient Bécaud. La star entre sous les feux des projecteurs pour partager avec son public des moments de bonheur.

Et je crie la vie comme une dernière heure
Et je vis la vie comme on rêve d’ailleurs

Son ami et parolier Claude Lemesle disait de lui : « Il n’était star que sur scène ». En écoutant les paroles, on le comprend aisément.

Et je ris la vie pour oublier qu’elle pleure
Et je prie la vie pour un monde meilleur
Je le prends dans mes bras
Il est à moi l’Olympia

Et oui, on comprend pourquoi Gilbert Bécaud était un artiste tellement apprécié du public. Sur scène il donnait son cœur et son âme. C’est ce que laisse comprendre le second couplet. En effet, une fois les projecteurs éteints, Monsieur 100 000 volts redevient le compositeur de génie et un père de famille tout simplement heureux.

Le théâtre fantôme n’est plus que quatre murs
Une planète vide, un voilier sans voilure
Le son était trop fort, le bleu beaucoup trop bleu
Il fait beau cette nuit, je suis un homme heureux

Quand il est mort le poète

Gilbert Bécaud nous a quittés il y a 21 ans. Ainsi, deux décennies après son dernier levé de rideau, l’Olympia reste à jamais marqué par cet immense artiste. C’était son Olympia, une salle mythique pour laquelle il demanda qu’elle soit reconstruite à l’identique. En effet, ce fut sans surprise Gilbert Bécaud qui inaugurera la nouvelle salle en novembre 1997.

Quelques jours après sa disparition, lorsque tous ses amis pleuraient, l’Olympia lui rendra hommage sur sa devanture en lettres rouge : Salut Gilbert Bécaud.

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